Ce dossier explique comment équiper un ancien téléphone avec un lecteur audio. Les plus faciles sont les Socotel S63 ou U42, mais il est possible d’équiper presque n’importe quel modèle à condition d’avoir un peu de place et d’accepter quelques adaptations.
Le besoin peut être multiple : une exposition, un musée, un escape game, un décor de théâtre, une installation sonore interactive, ou tout simplement un objet détourné pour une ambiance vintage.
L'idée d'utiliser un téléphone est excellente pour une bonne raison : ces objets sont robustes, voir presque indestructibles. C'est d'ailleurs pour ça que j'en équipe moi-même que je vend clefs en mains (Socotel S63 et U43), ou en kit.
Voici une petite vidéo pour vous montrer mon travail, comprenant la carte électronique sur mesure que j'ai appelé "Télé'Son" :
Mais les prix de mes équipement sont alors plus élevés que si vous le faites vous-même. Alors, lancez-vous ! Et mon dossier vous y aidera.
Si vous souhaitez mon aide pour bricoler, j’accueille dans mon atelier, ou contactez-moi.
L'idée
Votre projet
Avant de sortir le fer à souder, définissez l’objectif de la borne : un seul message, une sélection de pistes, ou une expérience interactive avec le clavier à touches ou le rotatif comme déclencheur.
Posez-vous ces questions simples : Qui va utiliser le téléphone ? Dans quel contexte ? Combien de contenus ? Et surtout quel niveau d’interaction vous voulez offrir ?
- À la volée : un lecteur tourne en boucle et l'écoute au combiné laisse entendre où il en est. C'est le plus simple système puisque le téléphone n'est qu'un moyen d'écoute.
- Message : idéal pour un musée ou une scénographie. On décroche, on écoute un fichier qui se lance, on raccroche.
- Plusieurs pistes : l’utilisateur compose un numéro ou un chiffre, avec les touches ou le cadran rotatif.
- Expérience interactive : le décrochage déclenche un scénario, un jeu, un quiz, ou une narration à embranchements accessible avec la numérotation...
Idées supplémentaires
Un téléphone détourné peut faire plus que lire un son au décrochage. Voici quelques pistes qui fonctionnent très bien en expo ou en jeu.
- Boîte à histoires : chaque touche lance un témoignage, un personnage, une date ou un lieu.
- Escape game : un code à composer déclenche la bonne piste audio ou donne un indice.
- Faux standard : plusieurs combinés répartis dans une pièce, chacun avec un rôle ou une voix différente.
- Ambiance évolutive : le téléphone devient un point d’écoute qui révèle des couches sonores selon l’heure ou la progression du visiteur.
Si vous visez un usage intensif, privilégiez une alimentation stable, une fixation mécanique propre des cartes, et des solutions de déclenchement simples. C’est exactement l’intérêt d’un module prêt à intégrer plutôt qu’un montage volant.
Le choix
Le téléphone
Les Socotel S63 et U42 sont des bases idéales. Ils sont spacieux, solides, faciles à démonter et leur logique interne se prête bien au détournement.
Sur d’autres modèles, vérifiez trois points avant d’aller plus loin.
- Place disponible pour le lecteur audio, un éventuel microcontrôleur et l’alimentation.
- État du combiné et du crochet. Le contact de décrochage est souvent la clé d’une installation fiable.
- Type de clavier. Certains téléphones ont un clavier déjà matriciel, d’autres non.
Le système d'écoute
Plusieurs approches sont possibles :
- Restitution dans le combiné : effet authentique, très immersif, souvent suffisant pour une voix ou une ambiance légère. Mono et de qualité "téléphone".
- Restitution dans l'écouteur : effet authentique aussi, il permet d'avoir une seconde écoute, mais ne peux pas déclencher le décrochage. Mono et de qualité "téléphone".
- Restitution vers un casque : utile si vous avez un besoin de qualité et/ou un contenu stéréo (voir binaural).
- Restitution vers un haut-parleur externe : utile si vous voulez un niveau sonore plus confortable et une qualité supérieure.
Pour une expérience classique, le combiné reste la solution la plus robuste, élégante et intuitive pour le public. Elle permet aussi une certaine discrétion sonore, et le mono permet aux gens sourd d'une oreille de choisir la leur.
Touches ou rotatif
Si vous souhaitez une interaction avancée grace à la numérotation, vous aurez besoin d’un microcontrôleur. L’Arduino est une option simple et suffisante pour gérer votre lecteur audio. Mais elle la numérotation n'est pas indispensable, vous pouvez faire l'impasse. Tout dépend de votre projet.
Le point délicat est le clavier.
- Clavier à touches matriciel : vous pouvez le relier assez directement à l’Arduino, en général avec 7 à 8 connecteurs. Il suffit alors de raccorder ces fils au processeur gérant votre lecteur audio, et de programmer ces actions.
- Clavier à touches non matriciel : ma carte matricielle permet de transformer un clavier à touches en matrice exploitable, sans réinventer un câblage complexe dans un espace minuscule.
- Cadran rotatif : l’objectif est d’identifier proprement les impulsions et de les traduire en commandes simples, comme le choix d’une piste ou d’un chapitre. C'est le programme de l'Arduino qui va s'en charger. Il n'y a que 4 fils à relier et un programme à mettre en place.
Le lecteur audio
Pour simplifier ce type d'installation, j'ai créé des modules conçus pour éviter les montages trop lourds et fiabiliser l’installation.
- Exposi’Son : parfait pour une borne simple, robuste et rapide à mettre en place, avec un comportement clair et adapté au public.
- Ambi’Son : plus orienté ambiance et déclenchements multiples, pratique pour enrichir une scénographie sonore.
- Télé'Son en kit : d'une simplicité absolue.
Ci-dessous, on voit un téléphone SoCoTel S63, avec un clavier à touche. Un peu plus loin dans la vidéo on voit qu'il est équipé d'un de mes modules Ambi'Son. Le clavier était un peu difficile à utiliser en l'état, alors j'ai ajouté ma carte matricielle. Le tout est devenu un quiz sonore scénarisé.
Comme j'équipe beaucoup de Socotel S63 et U43, j'ai même réalisé des cartes électroniques destinées à ces modèles. Maintenant je vend cette carte en kit !
Quoi qu'il en soit, le "DF Player" est un excellent compromis : compact, économique, facile à piloter, et largement éprouvé en installation.
Selon votre objectif, vous pouvez choisir l’un de ces niveaux de montage. N'hésitez pas à me contacter pour choisir.
- DF Player : C'est vous qui devez réaliser l'ensemble du montage, en autonomie, grace à mon dossier sur le sujet. Il faut donc être à l'aise avec l'électronique.
- Exposi’Son : une intégration propre, pensée pour la fiabilité en exposition. La carte est réalisée par moi-même et en vente sur ma boutique. Elle permet déjà pas mal de choses simples sans avoir à réaliser le plus compliqué.
- DF Player + Arduino : pour gérer une logique plus complexe : un clavier à touches, un cadran rotatif, des logiques de jeu ou un enchaînement de scènes. C'est un système à réaliser vous-même, en autonomie, grâce à mon dossier sur le sujet.
- Ambi’Son : un système déjà réalisé et en vente sur ma boutique, qui reprend l'idée du DF Player + Arduino. Il est réalisé par moi-même, donc plus facile à intégrer directement. Il faudra le câbler et le programmer.
- Télé'Son en kit : Un système complet qu'il faut juste câbler dans votre Socotel U43 ou S63.
L’idée générale est simple : plus vous voulez d’interaction, plus il est intéressant de passer par l'un de mes modules ou par une logique de contrôle dédiée plutôt que de tout câbler à la main.
La réalisation
Oui, il va falloir vous y mettre. Si vous souhaitez mon aide pour bricoler, j’accueille dans mon atelier.
Compétences
Que vous choisissiez de réaliser complètement votre montage vous-même ou en achetant l'un de mes modules, il vous faudra de légères compétences en électronique ou avoir l'envie d'apprendre. Ne jamais l'avoir fait ne fait pas de vous quelqu'un d'incompétent, mais il va falloir apprendre. N'hésitez pas à vous associer à une connaissance douée et/ou à me contacter.
Équipement
Même s'il est possible de réaliser entièrement le système sur des "plaques de prototypage" sans nécessiter de soudure, il faut savoir que cette technique n'est pas robuste. Il est donc préférable de se munir d'un soudeur à l'étain. Du moins pour souder quelques bornier à vis que vous pourrez relier avec un simple tournevis.
En pratique
Vous devez commencer par la réalisation de votre lecteur, avec ou sans Arduino, ou bien le commander clefs en mains sur ma boutique.
En suite, suivant votre projet, la technique d'installation sera plus ou moins compliquée :
- Sur la base d'un DF Player simple (ou d'un Exposi'Son) où vous installez le lecteur dans le boitier du téléphone et va tourner en boucle. Le combiné fait simplement office d'écouteur. Aucun déclenchement, c'est le système le plus simple.
- Sur la base d'un DF Player simple (ou d'un Exposi'Son) où le décrochage du combiné alimente votre lecteur ou lance la lecture d'un ou plusieurs son à la suite. On doit donc brancher l'interrupteur du téléphone au lecteur. C'est un système simple, mais qui permet de ne pas rater le début d'un message.
- Sur la base d'un DF Player + Arduino (ou d'un Ambi'Son) où n'importe quelle numérotation peut simplement permettre de passer au fichier suivant (c'est plus simple), mais on peut aussi assigner un fichier à chaque chiffre ou différent numéros. Pour se faire, il faut brancher la matrice du clavier ou les fils du cadran aux entrées digitales de l'Arduino pour traiter l'action de numérotation et faire que le programme agissent en conséquence sur le lecteur.
Conclusion
Équiper un téléphone ancien avec un lecteur audio peut être très simple ou devenir un véritable projet interactif. Tout dépend de votre scénario, du niveau de robustesse attendu et de votre niveau dans le domaine de l'électronique.
Si vous voulez une solution rapide, fiable et adaptée à un usage public, mes modules Exposi’Son et Ambi’Son vous feront gagner beaucoup de temps. Et si votre objectif est d’exploiter un clavier capricieux, ma carte matricielle est là pour vous éviter un bricolage fragile et difficile à maintenir.
Au risque de me répéter : n’hésitez pas à me contacter.