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Le Blog

Canicule et détecteur de fumée : mon enfer sonore

Publié par Joseph SARDIN, le

Résumé

  • Le détecteur de fumée de voisins absents s'est déclenché sans raison
  • 48 heures d'alarme continue, en pleine canicule, et ce n'est pas fini
  • Fenêtres ouvertes partout : le son porte dans toute la rue, surtout la nuit
  • Un mot dans leur boîte aux lettres : les piles seront mortes à leur retour
  • Malgré tout, ces appareils sauvent des vies et restent indispensables

Des voisins sont partis en vacances. Leur détecteur de fumée, lui, est resté. Et il a décidé de se faire entendre : une panne, sans doute, le fait sonner en continu, jour et nuit, depuis maintenant 48 heures. Et à l'heure où j'écris ces lignes, il sonne toujours. Personne dans la maison, personne pour appuyer sur le bouton.

Le hasard du calendrier a fait le reste : nous sommes en pleine canicule. Ils sont partis fenêtres ouvertes derrière les volets roulants fermés, pour laisser respirer la maison. Résultat : le son sort presque librement. Et comme toute la rue ouvre ses fenêtres la nuit pour rafraîchir les intérieurs, l'alarme s'invite dans chaque habitation, aux heures où l'on aimerait justement dormir.

Un son conçu pour ne pas être ignoré

Il faut dire que ces appareils sont faits pour ça. En France, les détecteurs avertisseurs autonomes de fumée (DAAF) doivent respecter la norme NF EN 14604, qui impose un niveau sonore d'au moins 85 dB à 3 mètres. La tonalité, stridente, se situe autour de 3 kHz, en plein dans la zone de fréquences où notre oreille est la plus sensible. C'est très efficace pour réveiller un dormeur en cas d'incendie. C'est tout aussi efficace pour empoisonner une rue entière quand l'appareil déraille.

Je m'étais dit que les piles rendraient l'âme au bout de 24 heures. Elles tiennent toujours après deux jours, et je commence à craindre que l'appareil soit alimenté sur secteur. J'en ai donc parlé à la mairie, qui a transmis à la police municipale. Et en tant que preneur de son, une pensée me traverse : heureusement que je n'ai rien à enregistrer ces jours-ci, car même bien cloîtré chez moi, j'entends toujours l'alarme.

Un mot dans la boîte aux lettres

J'ai fini par glisser un petit mot dans leur boîte aux lettres. Pas pour me plaindre, ou si peu, mais surtout pour les prévenir d'un vrai problème de sécurité : après avoir hurlé aussi longtemps, les piles seront probablement à plat à leur retour. Un détecteur épuisé ne protège plus personne, et si personne ne leur signale l'incident, ils pourraient croire qu'il veille encore sur eux. Le bruit s'oublie, le risque reste.

Cette anecdote illustre bien la frontière mouvante entre son utile et nuisance, un sujet que j'avais déjà abordé avec les coassements de grenouilles pris pour des bruits suspects, et qui rejoint le palmarès des bruits les plus agaçants selon les Français. Elle tombe aussi à pic : le thème de la sonothèque participative de l'été de l'AFSI est justement « Voisinage et Compagnie ». Je n'aurais pas pu rêver meilleure illustration.

Non, ces appareils ne sont pas « de la me*** »

J'entends déjà certains conclure que ces détecteurs ne valent rien. Je comprends l'agacement, je le vis en direct. Mais rappelons quelques chiffres : en France, un incendie domestique se déclare environ toutes les deux minutes, et ces sinistres causent chaque année autour de 460 décès et des milliers de blessés. Surtout, si 70 % des incendies se déclarent le jour, 70 % des décès surviennent la nuit, pendant le sommeil, le plus souvent par intoxication aux fumées plutôt que par les flammes. C'est précisément là que ce petit boîtier strident fait la différence : il réveille avant que la fumée n'endorme définitivement.

Ce que je constate souvent, en revanche, c'est que ces appareils sont mal installés, trop près de la cuisine ou de la salle de bain, jamais testés, jamais dépoussiérés, quand ils sont installés tout court. C'est pourtant obligatoire dans tous les logements depuis mars 2015. Et en location, la loi est claire : c'est au propriétaire bailleur de fournir et d'installer le détecteur, tandis que l'occupant en assure l'entretien courant, comme le remplacement des piles. Un appareil qui déraille chez un voisin absent ne doit pas faire oublier tous ceux qui, correctement posés et entretenus, sauvent des vies en silence, jusqu'au jour où ils ont raison de crier.

Ma solution : le détecteur connecté

Ayant moi-même dérangé mes voisins de la même manière par le passé, dans cette même rue et pendant une journée entière, j'ai depuis opté pour des détecteurs de fumée WiFi. En cas d'alerte pendant une absence, je reçois une notification et je peux couper l'alarme à distance, ou au moins avant mon retour et éventuellement appeler un voisin ou un ami pour me dire si je dois m'inquiéter. La fonction de protection reste intacte, mais le voisinage est épargné. Ce n'est pas la solution universelle, et elle suppose une connexion fiable, mais dans une rue où les maisons se touchent, elle change tout.

Et vous, avez-vous déjà vécu une alarme orpheline qui sonne dans le vide, et comment votre voisinage a-t-il géré la situation ? Racontez-moi ça en commentaires, je suis tout ouïe !

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- Joseph SARDIN - Fondateur et Sonothécaire de BigSoundBank.com et LaSonotheque.org - Contact