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Les Dossiers
Choisir un microphone

Dans ce dossier je vais m'efforcer de détailler toutes les spécifications techniques que vous devrez comprendre afin de choisir un microphone qui réponde parfaitement à l'utilisation que vous souhaitez en faire.

En effet, chaque microphone a été pensé par son fabricant pour répondre à une utilisation précise. Par exemple, il est évident qu'un micro vendu pour la prise de son d'une grosse caisse sera incapable de prendre le son d'un chant d'oiseau. Aucune des caractéristique d'un tel micro n'est en adéquation avec la source que vous souhaitez capturer.

Avant de chercher le bon micro, prenez le temps de savoir ce que vous souhaitez en faire. A partir de ce moment là, vous pourrez déterminer les caractéristiques de la source que vous souhaiterez capter et ainsi choisir le bon microphone.

Les Caractéristiques

Technologie

Il existe beaucoup de technologies différentes. Nous ne parlerons ici que des plus courantes. D'autres technologies dont nous parlerons pas : Les micros à charbon (technologie dépassée), les micros à ruban (technologie onéreuse), les micros magnétiques (technologie rare), etc.

Dynamique

Cette technologie à l'avantage d'être très robuste et généralement très résistante aux pressions acoustiques élevées. Ils sont peux sensibles. Les micros dynamique sont généralement utilisés sur scène et pour les sources puissantes (ampli guitare, percussion, etc.). Ces microphones sont très peu utilisés en studio, au bénéfice des micros électrostatiques.

Electrostatique à condensateur

Cette technologie est privilégiée dans les studios car elle offre une très grande sensibilité et une définition accrue. Ces micros sont cependant fragiles, très sensibles aux vibrations et aux manipulations, ils nécessitent une alimentation externe en 24 ou 48 Volts (type Phantom, que les enregistreurs et les consoles proposent souvent) et ne supportent généralement pas les pressions acoustiques trop élevées. Il sont idéales pour les prises de son de nature, la voix, les instrument acoustique (cordes, vents, etc.) ou les ambiances.

Electrostatique à électret

Facilement miniaturisable, cette technologie est très proche de l'électrostatique à condensateur. Une alimentation est nécessaire et généralement fournit par une pile à l'intérieur du microphone (une alimentation Phantom est parfois possible). L'inconvénient notable est que la technologie électret se dégrade, la qualité du micro se détériore alors (très) lentement avec le temps.

Directivité

Il s'agit de la sensibilité du capteur en fonction de la direction de la source.

Omni-Directionnel

Omni-Directionnel
Omni-Directionnel

Le micro est théoriquement conçu pour capter uniformément la source sonore, quelque soit sa position autour du micro. L'angle de couverture est de 360°. En pratique, une légère directivité cardioïde pourra être constaté dans les fréquences élevée.

Il s'agit d'une directivité idéale pour la prise de son d'une chorale ou d'une ambiance extérieure par exemple.

Bi-Directionnel

Bi-Directionnel
Bi-Directionnel

Le micro capte autant à l'avant qu'à l'arrière de la capsule. Il peux donc être utilisé pour une voix dans un église par exemple, lorsque l'on cherche à enregistrer la voix et la réverbération de la pièce en même temps.

Cardioïde ou Uni-Directionnel

Cardioïde ou Uni-Directionnel
Cardioïde ou Uni-Directionnel

Il s'agit de la directivité la plus répandue. Les micros est conçu pour capter la source placée devant la capsule. L'angle de d'ouverture est d'environ 130°. Les micros chants sont généralement cardioïde : La voix du chanteur est privilégiée en captant le moins possible les autres musiciens du groupe par exemple.

Hyper-Cardioïde ou Hyper-Directionnel

Hyper-Cardioïde ou Hyper-Directionnel
Hyper-Cardioïde ou Hyper-Directionnel

Très similaire à la directivité cardioïde, elle est un peu plus directive encore mais capte un peu à l'arrière du capteur. L'angle de d'ouverture est d'environ 115°.

Ultra-Cardioïde ou Canon

Ultra-Cardioïde ou Canon
Ultra-Cardioïde ou Canon

Extrêmement directif à l'avant de la capsule. L'angle de couverture est d'environ 105°. Répondent peu au fréquences basses. Ces micros sont destinés à capter un son lointain. Ils sont très utilisé dans le cinéma pour capter la voix d'un acteur sans que le micro soit proche et dans le champ de vision de la caméra.

Parabole

Il ne s'agit pas là d'un microphone mais d'un accessoire parabolique qui permet d'enregistrer des sons avec une extrême directivité. Très utilisé pour l'enregistrement naturaliste d'un oiseau particulier ou dans l'espionnage pour écouter une discussion lointaine.

La qualité sonore n'est pas souvent au rendez-vous à moins de savoir très parfaitement l'utiliser dans des cas particulier et d'en avoir une de qualité.

Membrane, Diaphragme ou Capsule

A large capsule ou à petite capsule, on parle du diamètre du capteur du microphone. Les membranes larges sont presque exclusivement utilisés en studio pour la voix et certaine prises de son d'instruments. Ils sont moins sensibles aux aigus mais plus "chaud", plus précis.

Réponse en fréquence

Il s'agit de la sensibilité du micro au niveau de la fréquence.

L'oreille humaine est conçu pour entendre les fréquences entre 20 Hz et 20 000 Hz. En deçà, il s'agit d'infrasons et au delà, il s'agit d'ultrasons. Certain animaux, comme les dauphins ou les chauves-souris communiquent dans les ultrasons. D'autres communiquent dans les infrasons, comme c'est le cas pour les éléphants.

Un micro polyvalent répond aux fréquences de 20 Hz à 20 000 Hz. Certains micros haut de gammes peuvent avoir une réponse plus basse ou plus haute (comme c'est le cas du MKH 8050 de Sennheiser qui peut monter jusqu'à 50 000 Hz)

Pour l'enregistrement d'une grosse caisse, pas besoin de hautes fréquences. Pour le chant des oiseaux, pas besoin de basses fréquences.

Exemples

- Si la source est grave, une grosse caisse par exemple, on cherchera une réponse en fréquence basse, à partir de 20 Hz ou plus bas.

- Si on cherche à enregistrer un chant d'oiseau, on privilégiera un micro très sensible dans les hautes fréquences. Un micro allant jusqu'à 20 000 Hz ou plus haut

Sensibilité

Elle s'exprime généralement en milliVolt par Pascal (mV/Pa) ou en déciBel-Volt par Pascal (dBV/Pa) et permet de déterminer la sensibilité d'un micro. Plus le chiffre est élevé, plus le micro est sensible.

Exemples

- Pour une grosse caisse, on privilégiera un micro peu sensible, inférieur à 0,5mV/Pa

- Pour un chant d'oiseau, on choisira un micro très sensible, supérieur à 10mV/Pa ou à -40dBV/Pa

Impédances

L'impédance s'exprime en Ohm (symbole Ω venant de la lettre grecque majuscule "Oméga"). On l'exprime parfois en kOhm (ou kΩ) où 1 000 Ohms = 1 kOhm.

Sur les caractéristiques technique des micros, on distingue généralement deux types d'impédances : L'impédance nominale qui est la résistance électrique du micro et l'impédance de charge nominale qui est l'impédance minimum conseillée de l'entrée de l'appareil sur lequel il est branché.

Ce qui nous intéresse là, c'est le rapport entre l'impédance nominale du micro et l'impédance d'entrée de votre enregistreur. L'impédance d'entrée de l'enregistreur ou du préamplificateur doit être égale ou supérieure à 10 fois l'impédance nominale du micro.

Exemple

Mon premier enregistreur était un Tascam HD-P2. Son impédance d'entrée était de 1 300 Ohms. Le micro que j'ai du acheter, devait avoir une impédance nominale inférieur à 130 Ohms. Moins l'impédance sera élevée, mieux ce sera.

Niveau maximal de pression

Il s'agit de la pression sonore maximale que le micro peux supporter sans problème. Au dessus de ce niveau, le son de la source ne sera pas traité convenablement et pourrait saturer.

Exemples

- Pour une grosse caisse, le micro étant proche d'une source sonore très élevée, on cherchera un niveau de pression très élevé pour résister à la puissance de la frappe.

- Si on cherche à enregistrer un chant d'oiseau, on ne cherchera pas un micro spécialement résistant.

Connectivité

On devra aussi s'intéresser au type de connectique. Ce choix dépendra principalement de la compatibilité avec votre système d'enregistrement. Le standard est le XLR, mais il existe aussi quelques micros en Jack.

Pour les fabricants, il est aussi à la mode de proposer un modèle de microphone doté d'une prise USB. Le corps du micro contient donc une carte son qui convertie la prise de son analogique en un signal informatique, directement utilisable par un ordinateur. C'est certainement la solution la moins couteuse pour réaliser de bonnes prises de sons.

A savoir que le Jack ne peut pas transmettre l'alimentation Phantom. Il faut alors se diriger vers le XLR.

Il faut aussi savoir que plus le câble sera long, plus il fera antenne. Pour éviter les interférences et la baisse de qualité, il faut choisir le XLR et un bon câble asymétrique bien blindé.

Alimentation

L'alimentation du micro a aussi une très grande importance. Même si les micros dynamique n'en requière pas, certain oblige une alimentation par pile ou par alimentation Phantom en 25 ou 48 Volts. Ce choix dépendra principalement de la compatibilité avec votre système d'enregistrement. Il faut donc veiller à ne pas acheter une micro dont une alimentation est nécessaire, si votre enregistreur n'en dispose pas. Certain micro onéreux disposent de leur propre alimentation externe.

Joseph SARDIN - Contactez-moi
Fondateur du site LaSonotheque.org

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